Villa des hommes

GUEDJ, DENIS

EDITEUR : ROBERT LAFFONT
DATE DE PARUTION : 31/07/07
LES NOTES :

à partir de
14,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

1917, en Allemagne. Deux hommes séjournent dans le même hôpital psychiatrique. Tout paraît les opposer. L'un est un vieux mathématicien allemand célèbre, l'autre un jeune soldat français inconnu. L'improbable rencontre va pourtant avoir lieu. Régulièrement sujet à des crises de folie, Hans Singer effectue de fréquents séjours en établissement psychiatrique. Matthias Dutour - " héros malgré lui " pour avoir sauvé la vie à un soldat allemand traumatisé par la guerre - doit partager la chambre de ce vieil Allemand excentrique que le directeur de l'hôpital présente au nouveau venu comme l'un des plus grands scientifiques vivants. Les liens d'estime, puis d'amitié que tissent Herr Singer et Matthias, dans l'intimité de leur cellule de vie commune, vont les aider à peu à peu sortir de leur enfermement, de leur profond désespoir, et à se sauver l'un l'autre. Fondé sur un dispositif romanesque original, le nouveau roman de Denis Guedj met face à face la réincarnation de Georg Cantor, inventeur de la fameuse " théorie des ensembles ", et un personnage de fiction pure, conducteur de locomotives et anarchiste au grand coeur. Au cours de leurs échanges quotidiens, Hans Singer et Matthias Dutour se racontent leur parcours et abordent toutes sortes de sujets qui
les préoccupent, voire les obsèdent. Les mathématiques, bien sûr - Hans Singer exposant à Matthias son théorème, d'où découlerait notamment l'existence d'une " infinité d'infinis " ; mais aussi la vie des ouvriers dans la France d'avant 1914, les grèves, La Bête humaine de Zola ou la trahison de Jaurès par les siens... thèmes particulièrement chers à Matthias Dutour, auxquels il sensibilise son compagnon d'infortune. Le tout se déroulant sur fond de Première Guerre mondiale, dont la rumeur parvient aux deux hommes jusque dans leur chambre d'hôpital. Traduit dans de nombreuses langues, les livres de Denis Guedj, romancier, mathématicien et professeur d'histoire des sciences, connaissent un succès international. Villa des hommes ne devrait pas déroger à la règle. Explorant à sa manière, singulière et émouvante, le thème de la folie, Denis Guedj livre ici un roman très personnel, où la gravité le dispute en permanence à la drôlerie. Les mathématiques comme la politique, si elles ne sont pas mises au service de l'Homme, ne servent à rien, suggère en filigrane l'auteur. Il en administre la démonstration en parlant comme nul autre de sa passion pour les mathématiques, qu'il a le génie de savoir rendre intelligible et accessible à tous.
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Clivage énorme entre chiffres et lettres ; combat sous-jacent, délires, confrontation d’hommes, d’intellectuels. Cela fait un bon moment que les partisans des chiffres et les partisans des lettres ne s’aiment pas, du moins, nourrissent un sentiment de rivalité. Entre les chiffres et les lettres s’est creusé un fossé énorme, béant, profond. Un fossé qu’on a du mal à franchir et pourtant. Certains hommes courageux s’y tentent, s’y aventurent, se déplacent en surplomb du trou dangereux. Denis Guedj fait partie de ces hommes-là.L’hôpital psychiatrique. Après le voyage dans celui de Vincent Message, je redoutais ce moment, cette entrée, toujours difficile, dans un établissement de la sorte. Je redoutais que les mots soient encore superflus, distants et ne collent pas aux corps. Mes doigts hésitaient à ouvrir le livre et à tourner les pages ; que vais-je y trouver ? Finalement, mes inquiétudes se sont vites effacées. Le roman d’une chambre, la chambre 14 de la Villa des Hommes. Tout s’y passe et pourtant ne s’y passe pas. Deux hommes, deux Histoires et pourtant un seul dialogue, une seule humanité. Herr Singer, un mathématicien fameux, allemand, rentre dans cette chambre seul. En proie aux crises et aux angoisses, il tient, il s’accroche à la vie grâce aux mots, grâce à une lettre, de son père, qu’il plie, déplie et replie sans cesse. Les fissures du papier se creusent elles aussi. Puis arrive Matthias Dutour, un soldat français, conducteur de train. D’abord le silence, le vide de la chambre, les corps stoïques et immobiles. Puis des mots qui s’engagent, des hommes qui se rencontrent comme pour la première fois. Le dialogue s’embraie, se chauffe, d’abord dialogue de sourds, des conteurs d’histoires, de leurs histoires, puis des liens, des mots qui se chevauchent, des hommes qui parlent et qui écoutent. Dans la Villa des Hommes résonnent leurs voix, leurs grains de voix. Et leurs cris aussi, parfois. Un dialogue où tout se passe, où l’on se cherche et où l’on cherche l’autres ; les deux hommes survivent grâce aux mots. Puis les bouleversements, les voix des docteurs et des visiteurs les ramènent à la Vie ou à l’isolement. Un bon roman, qui cherche l’essence du verbe, de la phrase. Qui surplombe la fosse des écrits, des chiffres et des lettres, et qui parvient à tendre une corde, fragile, au-dessus de cette séparation. Mais voilà, là encore les mots sont si présents qu’ils perdent de leur valeur, des mots à foison qui font parfois oublier l’homme qui les prononce. Un bon roman, qui a su joindre deux bouts, deux partis, deux hommes si différents et si semblables pourtant. 6+6=12. Une note pour qualifier des lettres, des pages. L’ironie frappe encore.

Loach
23/05/11
 

Format

  • Hauteur : 21.70 cm
  • Largeur : 13.90 cm
  • Poids : 0.41 kg