Vingt-quatre heures de la vie d'une femme

ZWEIG, STEFAN

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 01/05/92
LES NOTES :

à partir de
4,00 €

SYNOPSIS :

Stefan Zweig Vingt-quatre heures de la vie d'une femme Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un des clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée... Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature
sans moralité », avec l'aide inattendue d'une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez la fugitive. Ce récit d'une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l'auteur d'Amok et du Joueur d'échecs, est une de ses plus incontestables réussites.
22 personnes en parlent

J’ai lu ce livre suite à la recommandation d’une amie. Elle m’a assurée que c’était une excellente lecture, agréable et fascinante. Et en effet, j’ai trouvé un style clair et assuré. L’histoire d’une femme passionnée et passionnante. Le récit est en fait séparé en deux parties : un changement de narrateur s’opère et le récit de Mme C… se retrouve enchâssé dans celui du premier narrateur, un des pensionnaires de l’hôtel. Nous est délicieusement décrit un monde bourgeois tout en finesse et délicatesse. La pension tout d’abord est vaguement décrite, avec son jardin, ses bancs et la fuite de Mme Henriette. Puis, ensuite, dans le second récit, les casinos sont plus nettement décrits. Notamment les mains. Oui, ces mains que Mme C… examine longuement et qu’elle affectionne tant. Au début, ce monologue autour des mains est passionnant, les mains sont le reflet de la personnalité, dit Mme C… . Mais par la suite, les mains se fatiguent un peu et nous fatiguent aussi. Je me suis également poser une question : Pourquoi « Mme C… », « M. M… », « M. R… » ? Pourquoi ne pas avoir donné des noms entiers ? Pour ne pas que l’on s’attarde sur les noms ? Pour ne pas que l’on juge ? Mystère. En bref : Un récit au premier abord très intéressant, mais qui s’essouffle sur la fin. Un style très agréable toute fois. Séverine

SEcriture
24/09/12
 

Aux premières pages de ce court récit, on pourrait se croire dans un Agatha Christie, en effet toutes les conditions sont rassemblées : une pension de famille “comme il faut”, des couples étrangers en vacances, une petite dame Anglaise, un narrateur qui nous fait part de ses réflexions sur toutes ces personnes et un scandale. Une femme de bonne condition s’est enfuie avec un français en abandonnant mari et enfants, il n’en faut pas plus pour troubler tous nos protagonistes. Le narrateur va s’intéresser à cette femme qu’il défendra - bien au-delà de [sa] conviction intime ! - et attirera ainsi l’attention de notre petite dame anglaise.Ce récit n’est donc pas celui de cette femme fine, délicate et très discrète, mais celui de Mme C. notre dame anglaise. Récit qui nous plongera dans les tréfonds de l’âme humaine. Nous sommes entraînés dans cette histoire, comme si nous étions avec Mme C. durant les vingt-quatre heures qu’elle nous narre, derrière son épaule, au casino à épier les mains des gens, elles qui dévoilent tant de leur personne, sur ses pas dans la rue, dans un taxi… En plus d’être plongé dans ses actions, nous naviguons dans ses pensées, interrogations, hésitations et autres tumultes qu’implique la passion dont elle va être victime. Victime, car on sait que cela ne peut pas bien se terminer. On attend donc, en tournant fébrilement les pages, la fin de cette histoire dans laquelle Zweig inscrit un suspense crescendo.Et même s’il y a un suspense sous-jacent tout au long du roman, la description des sentiments est très présente. Stefan Zweig possède l’art de les dépeindre magnifiquement, que ce soit par la subtilité des comportements de ses personnages ou par les mots qu’il arrive à placer sur leurs émotions, on ressent la tornade de sentiments qui agitent les acteurs du récit. Car Zweig brosse un tableau de sensations violentes, incontrôlables, involontaires. Comme des vagues qui se déversent subitement dans le cœur et les gestes des personnages sans qu’ils puissent y échapper. Ainsi Zweig nous montre aussi bien la passion amoureuse foudroyante, la passion du jeu que le désespoir après l’abandon de l’être aimé ou les conséquences de cette passion dévastatrice qui nous fait agir d’une manière dont on ne se serait jamais cru capable.Les personnages, peu nombreux au final, sont intéressants et on s’attache très facilement à eux. Mme C. est fascinante par son histoire et la façon qu’elle a de la raconter, à la manière d’un lourd secret qu’elle a besoin de confier.Le roman est court, mais terriblement dense ce qui contribue à l’intensité des sentiments décrits. Il est intéressant de voir qu’en peu de pages, nous pouvons en avoir autant que dans un roman fleuve, voire plus. L’écriture de Zweig est fluide et agréable, sans fioritures mais tout en étant très poétique et légère, comme un souffle agréable qui nous effleure sans déranger.Au final, un coup de cœur que je conseille à tous, très vite lu mais imprimé dans les mémoires pour longtemps.

Elinor
28/02/12
 

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme Très moderne

beraud@archimed.fr
03/11/15
 

Événement dans une pension de famille de la Riviera au début du XXème siècle : une jeune résidente est partie avec un homme, violant ainsi toutes les règles de bonne conduite et de bienséance imposées par la morale! Tout le monde en parle et s'en offusque.Une vieille dame, veuve depuis longtemps, raconte au jeune narrateur une aventure qui lui est arrivée quarante ans auparavant.Elle aussi a un jour connu involontaire une passion dévorante qui a marqué sa vie de veuve, en violation des règles de bonne conduite et l'austérité du moment. Une passion dont elle se souvient encore, une passion avec un jeune homme passionné par le jeu, au point de vouloir y perdre sa vie…Une passion courte, d'une nuit racontée avec pudeur et sensibilité, sans voyeurisme… Zweig qui n'a pas son pareil pour décrire les sentiments, les passions. Une femme troublée non pas par un regard, par une conversation, mais par des mains, les mains du joueur jetant les jetons, ramassant ses mises….. un petit chef d'œuvre.Deux passions qui se rencontrentOn est bien loin des romans contemporains, mais quel bonheur JPV

JPV11
22/08/15
 

1904. Un scandale vient perturber le calme tranquille d’une petite pension bourgeoise du sud de la France. Une femme « bien comme il faut » vient de s’enfuir avec un homme plus jeune, rencontré un jour plus tôt, abandonnant mari et enfants sans se retourner. Très vite, l’indignation remplace l’incompréhension et la conversation s’envenime autour du comportement de cette femme infidèle. Seul le narrateur tente, tant bien que mal, de comprendre et de défendre ce comportement irraisonné. Mais alors que le ton monte entre les pensionnaires, une aristocrate anglaise intervient et semble prendre le parti du narrateur, faisant cesser le débat. C’est alors le prétexte pour la vieille femme de se confier à cet interlocuteur pour le moins ouvert et de lui raconter la journée qui a bouleversé sa vie il y a de ça de nombreuses années et qui a failli la faire, elle aussi, dévier du droit chemin… Dans un style toujours aussi précis et lumineux, Stefan Zweig nous offre une magnifique confession de femme sur un moment furtif et néanmoins extrêmement précis de sa vie. A travers l’évocation d’une journée particulière, il dépeint la naissance d’une passion amoureuse fulgurante, irraisonnée et irrésistible d’une dame d’une quarantaine d’années pour un jeune homme de vingt ans son cadet… Mais cet amour enflammé et déraisonnable va se heurter au démon du jeu qui s’est emparé du jeune flambeur…Sentiments exacerbés, folie, destruction sont au cœur de ce court roman porté par l’intensité d’une écriture puissante et évocatrice, qui nous plonge dans les tourments d’une passion dévorante. Des souvenirs d’autant plus vivaces qu’ils ont été refoulés pendant des années par honte et par peur du regard impitoyable d’une société policée, tout en retenue et en hypocrisie. Un roman qui touche et bouleverse par sa sincérité et donne envie de découvrir toute l’œuvre de Stefan Zweig !Challenge variétés : Un livre dont le titre contient un nombre

Mokona
22/06/15
 

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme Très moderne

90018178
19/09/14
 

Dans une pension de famille de la Riviera, dix ans avant la guerre de 1914, le narrateur reçoit la confession d’une vieille dame qui lui raconte une aventure qu’elle a vécue quarante ans auparavant. Confession toute simple, pleine de dignité et de pudeur. On pourrait au départ penser à une histoire d’amour banale et convenue. Mais Stefan Zweig a le génie d’en faire le récit magnifique de deux passions dévorantes : la passion amoureuse pour elle et la passion du jeu pour lui, deux passions qui s’entrecroisent mais que tout oppose.Comme toujours chez Stefan Zweig, le style limpide laisse beaucoup de place aux descriptions des personnages et de leurs sentiments. En particulier, la description des mains du joueur par lesquelles passent tous ses troubles et toutes ses émotions devant le tapis vert du Casino est un chef-d’œuvre.Evidemment, tout cela parait un peut dater, l’histoire est sensée se passer vers 1860-70, période où la morale austère n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Mais peu importe, l’histoire est magnifiquement racontée et se dévore avec un grand plaisir.

Ludeca
19/08/14
 

C'est une très belle description des passions humaines au travers des mains d'un joueur invétéré.Que dire de plus ? qu'il se lit d'un trait car il se lit comme si la vieille dame anglaise était là pour nous ouvrir son coeur.Comme les moeurs ont changé ! et puis cette façon d'amener le sujet, toute une époque aussi ! http://ramettes.canalblog

ramettes
05/12/13
 

Une nouvelle nouvelle de Stefan Zweig qui confirme , si besoin était , son incroyable propension à captiver un lecteur en peu de mots ! Le cadre de ce récit : une pension de famille renommée sur la Cote d'Azur debut XXe . Zweig focalise sa chronique sur les personnages . De la grande muraille Cannoise ou des jardins suspendus de la Roquette-sur-Siagne , merveilles emblematiques du sud de la France , pas un mot ! Dommage...Mrs C. , pensionnaire aristocratique Anglaise d'une distinction toute British , va profiter d'un évenement peu banal faisant écho à sa propre histoire , pour se confier , confesser ce qui lui pese depuis tant d'années , afin de ne plus en porter le fardeau . Ce n'est pas un religieux , auquel elle ne croit pas , mais un client à l'esprit ouvert qui fera office d'exutoire . Ici , point de rédemption espérée mais uniquement l'envie de dire sa blessure , de conter son tourment . Vingt-quatre heures comporte tres peu de dialogues mais s'assimile plus à un long monologue ou la psychologie des personnages a , de nouveau , la part belle . Le lecteur a d'ailleurs l'impression d'etre véritablement partie prenante , le narrateur intervenant assez peu . L'on découvre , avec délectation , ces aveux circonstanciés , objets de tant de remords et cependant socles fondateurs d'une vie nouvelle .Mrs C. , jeune veuve quarantenaire , traine alors sa monotonie au casino , sorte de pélérinage rendu à son défunt mari . Elle tombera litteralement sous le charme de mains fines et alertes avant de se prendre d'affection pour son jeune proprietaire Hongrois qui lui rend pres de vingt ans . Malheureux au jeu , ce dernier est en passe de jouer sa derniere carte . La définitive . Forte de ses sentiments naissants , Mrs C. mettra tout en oeuvre afin qu'il en réchappe , au risque de se perdre...Passion amoureuse dévorante versus passion du jeu . Faites les votres , rien ne va plus ! Un récit magistral porté par une plume redoutable . Zweig excelle dans l'art de camper des personnages simples et touchants . Les histoires ne sont jamais extraordinaires mais ont le don de réveler ou de réveiller les consciences . Superbe évocation du remord tout en pudeur et en retenue . Une sensibilité de tous les instants . Zweig magnifie l'Humain . Il est évident qu'une telle histoire , de nos jours , preterait certainement à sourire , les moeurs ayant quelque peu " évolué " nous faisant prendre ainsi conscience du fossé abyssal qui s'est creusé en pres d'un siecle . Ce qui passait pour inconcevable et outrancier à l'époque est désormais devenu monnaie courante...Société de consommation poussée à l'extreme , vacuité des sentiments inclue...Supreme paradoxe , ces vingt-quatre heures inoubliables furent l'élément marquant d'une vie à priori toute tracée mais , au final , qui fut le rédempteur ?

TurnThePage
08/11/13
 

Un VRAI régal!Après avoir lu beaucoup de contemporains, il faut admettre que se replonger dans les "classiques" cela revigore, cela redonne le vrai goût de la lecture.C'est précis, érudit, fluide et l'air de rien ça rend intelligent... Les bibliothécaires aubygeois

media59950
16/07/13
 

Une magnifique histoire que celle racontée par cette vieille dame, ayant trouvé un confident au sein de cette pension de famille, elle va pour la première fois relater une journée qui a marqué sa vie. Elle nous révèle une histoire d’amour vécue des années plus tôt. Une relation où il est question d’emprise, celle de l’attirance inéluctable pour elle et du jeu pour lui.Un sublime roman ! Je découvre Zweig, et à chaque nouveau livre c’est un régal. J’avais la sensation d’avoir été invitée dans la même chambre que les protagonistes pour écouter les confessions de cette vieille dame respectable. Vingt-quatre heures d’un amour qui va la transformer, elle et sa moralité. Un récit intemporel, sensible et pudique qui ne vous laissera pas indifférent.

Metaphore
25/05/13
 

Un joli tableau d'une brève passion ... l'auteur écrit avec finesse, précision et élégance. J'ai beaucoup aimé le style, l'ambiance, la côte d'azur au début du siècle. Je retiendrai la description des mains de l'être aimé et la tolérance.

celix
08/04/13
 

Stefan Zweig possède en effet un réel talent pour parler des sentiments et notamment de la passion. Cependant, il convient de préciser qu'il aborde la question de la passion par deux prismes, celui de la passion amoureuse et celui de la passion du jeu. J'ai trouvé ce parallèle très intéressant car il nous rappelle notamment que ce qui n'était pas encore nommé comme "addiction au jeu" existait déjà, avec les dégâts que l'on peut connaître. Zweig réussit également à nous montrer comment, dans un cas comme dans l'autre cette passion qui apporte des instants de bonheur intenses peut provoquer une chute vertigineuse.Cette histoire nous amène également à nous replonger dans une époque, lorsque les femmes devaient encore se plier aux convenances de la société, risquaient d'être mise au ban de la dite société au moindre écart de conduite, où la liberté entre les êtres n'était finalement que très relative. J'ai aimé le long monologue de Mrs C, ce monologue au cours duquel une vieille femme vient confier au narrateur ces fameuses vingt-quatre heures qui changèrent sa vie. L'écriture de Zweig retraduit bien toue la pudeur de cette femme qui ressent le besoin de raconter ce passage secret de sa vie, craignant pourtant que son interlocuteur ne puisse peut-être la juger, éprouvant parfois quelques difficultés à dire ces choses si longtemps tues. Miss Alfie

MissAlfie
08/10/12
 

Ce livre a confirmé mon goût pour l’écriture de Zweig, vivante et sans détour, propre. C’est un style que je trouve vraiment très lisible et agréable et qui met l’histoire en valeur. En revanche, l’intrigue ne m’a pas passionnée. Elle est indéniablement intéressante mais je n’ai pas été accrochée et, en dépit du faible nombre de pages, il m’a fallu plusieurs séances de lecture pour en venir à bout. Peut-être est-ce dû au fait que, dès le départ, on sait à quoi s’attendre, et par conséquent rien ne motive la lecture ; il n’y a pas vraiment de plaisir de la découverte. Toutefois, Zweig se révèle encore une fois un très fin connaisseur de l’âme humaine et la justesse de ses observations ne cesse d’étonner. Un livre subtil.

mycupoftea
24/09/12

Stefan Zweig fait partie de ces quelques auteurs que l'on peut conseiller à beaucoup de personnes sans trop se tromper. Le style simple et fluide rend la lecture très agréable et personne ne sait mieux décrire les passions humaines. Ce livre-ci, c'est l'histoire d'une passion amoureuse racontée par une femme. On vibre avec elle. C'est beau. Sevedebouleau

Sevedebouleau
20/06/12
 

Cette Mme Henriette s'enfuit avec un jeune homme français et personne ne la comprends et même tout le monde la critique. Sauf le narrateur et la vieille femme. Cette vieille femme qui va se confier au narrateur, cet homme qu'elle ne connait pas mais dont elle est reconnaissante de prendre le parti de cette femme.Et pour cause, elle a vécue une histoire semblable, une passion, il faudrait même dire! Une passion de 24heures.C'est un petit récit, surement pas un roman, certainement plus une nouvelle, très plaisant. Celle-ci se lit très rapidement, une après midi. Elle se laisse dévorée, au fil des pages. L'écriture est plaisante et fluide. Je n'ai cependant pas été plus enthousiasmé que cela. Une très belle passion mais sans plus. Il m'a surement manqué LE petit truc.En tout cas, la citation que j'ai indiqué, la seule que j'ai retenue et parfaitement dans l'ambiance du roman... Des sentiments qui s'amortissent! Ce qui signifie qu'ils ne partent pas définitivement...

searchxme
21/04/12
 

Ce roman présente de fortes ressemblances avec Le joueur d'échecs, du même auteur. Au niveau de la construction du récit, on retrouve un narrateur rencontrant un personnage qui raconte son expérience singulière, avec une mise en abîme (une histoire imbriquée dans l'histoire), et le contexte de départ qui ne sert finalement que d'amorce au vrai récit. Si le sujet n'est pas du tout le même que dans Le joueur d'Echecs, c'est pourtant bien le thème du monomaniaque qui se dessine à nouveau, avec des personnages toujours à la limite de basculer dans la folie. Le style paraitra un peu désuet aux lecteurs qui ne connaissent pas l'univers de Zweig, mais sûrement pas démodé, et le roman n'a rien perdu de son actualité. Une lecture courte et efficace ; un classique à (re)découvrir. http://chezradicale.canalblog.com/

Radicale
14/04/12

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme se lit en moins de temps (sauf pour les lecteurs/trices qui veulent prendre davantage de minutes pour savourer la prose stéphanoise). D'où ma grande curiosité à lire cette œuvre et...à découvrir que je l'avais déjà lue (dans mon jeune temps, bref adolescente). Oui, j'entends vos railleries : «elle aime Zweig mais elle oublie vite ce qu'il compose». Disons que celle-là, malgré toutes ses qualités littéraires indéniables, ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable (c'est le moins qu'on puisse dire !). Mais place au texte.Petit scandale dans une pension de vacances près de Monte-Carlo : une trentenaire mariée, Mme Henriette, mère de deux enfants, a quitté son mari pour suivre un autre résident, «un jeune Français» à peine rencontré. Dans cette maisonnée regroupant différentes nationalités européennes, fuir le domicile conjugal « dix ans avant la guerre » (qu'on suppose le premier conflit mondial) n'est pas du meilleur goût de tous : chacun y va de sa parlotte, de ses racontars et surtout inflige à la fugueuse les pires calomnies. Sauf le narrateur qui tente de comprendre le comportement de la dame et cherche à la défendre. Cette attitude peu commune va lui attirer la sympathie et les confidences d'une charmante et élégante Anglaise, Mrs C. Elle aussi a vécu vingt-quatre heures auprès d'un homme de l'âge de son fils, au point d'avoir envisagé quitter sa famille. La grande partie du livre réside dans la narration de cet épisode mémorable et inoubliable.On retrouve toujours la plume magnifique de Stefan Zweig, son analyse constante de l'âme féminine mais je dois dire que ce récit m'a moins touchée que celui de Lettre d'une inconnue (sublime). On comprend l'intérêt de Mrs C. pour ce jeune et attendrissant joueur de poker, aux mains divines et si expressives. Mais la bascule vers le désir ne s'effectue pas, à mon sens, de manière harmonieuse. Cette étape pourtant clairement émaillée par des faits (volonté de tout abandonner, de rejoindre l'être aimé, l'achat de billets de trains) n'est pas convenablement amorcée : au départ leur relation réside dans une sorte de tutorat, très proche d'un lien mère-fils (le jeune homme d'une vingtaine d'années a l'âge d'un fils de Mrs C., veuve âgée d'une quarantaine d'années à l'époque). Cela reste mon unique reproche à cette œuvre. Les thèmes de la folie (amour, désir, passion du jeu, extravagance), de la difficulté d'aimer et de dépasser les conventions sociales sont parfaitement détaillés : la description du milieu mondain du début du 20ème siècle me semble juste et parfaite. Malgré tout, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages, ni vraiment à l'histoire. À vous de voir donc !

Cave
09/03/12
 

Dans une petite pension situé sur la Riviera, un scandale éclate : Mme Henriette, épouse d'un des pensionnaires, est brutalement partie avec un jeune homme qu'elle ne connaît que depuis quelques jours. Alors que tous la condamnent, le narrateur cherche à la défendre. C'est alors qu'une vieille dame anglaise, pensionnaire également, va se confier à lui...Encore une fois, on a deux récits imbriqués : Zweig commence par évoquer le scandale de Mme Henriette, puis la vieille dame fait le long récit de sa rencontre avec un jeune homme, accro au jeu, qui a bouleversé sa vie l'espace d'une longue et fatale journée. Mais cette fois-ci, après le récit de la vieille dame, Stefan Zweig joue avec le lecteur et ne revient pas sur l'histoire de Mme Henriette ! On a très peu de détails et on n'apprend jamais pourquoi elle a quitté son mari pour ce jeune homme. Bref, une petite déception car, alléchée par le début, je m'attendais à lire les vingt-quatre heures de la vie de Mme Henriette.Ceci dit, le récit de la vieille dame anglaise se suffit à lui-même : Zweig y décrit avec beaucoup de talent l'addiction du jeune homme et la (longue) description qu'il fait de ses mains quand il joue à la roulette est étonnante, voire angoissante. Ses mains ont leur vie propre et reflète toutes les émotions du joueur. A la limite du fantastique, ce passage m'a d'ailleurs fait penser aux nouvelles de Maupassant.Bref, une bonne nouvelle à lire pour son côté fantastique et pour la description de la vie d'une femme bouleversée par une rencontre et une journée. http://leschroniquesassidues.blogspot.com/

chroniquesassidues
16/11/11
 

Je ne connaissais pas encore cet auteur et c'est avec un réel plaisir que je viens de refermer ce petit livre. Dans une pension de famille, suite au scandale causé par la fuite d'une mère de famille avec un parfait inconnu, une vieille dame anglaise confie son histoire à l'auteur, ou comment, en l'espace d'une seule journée,... http://www.libfly.com/goodies_forum.jpg?id=55002&po=3&ps=187057&li=b6f211&st=ff5100&fo=F0F0F0

un flyer
22/05/11

Début du vingtième siècle, le narrateur séjourne dans une pension de famille « bien comme il le faut » sur la Côte d’Azur. Un jeune français, vient y passer quelques jours. Tout monde succombe à son charme, il est raffiné, courtois, attentif avec tout le monde. Mais quelle surprise quand Mme Henriette, mariée, mère de deux filles s’enfuit avec ce jeune homme! Les langues se délient contre cette femme indigne sauf notre narrateur qui y voir un geste passionnel. Et là, je dis, merveilleux Stefan Zweig ! Car cette mise en scène n’est qu’un prétexte pour aborder un autre sujet. Madame C. une vielle dame anglaise, émue de voir le narrateur comprendre l’acte de Madame Henriette va se confier à lui.Ce livre est une merveille, une description du coup de foudre, de la passion qui fait tourner la tête et tout abandonner mais aussi d’une passion plus dangereuse, celle du jeu. Stefan Zweig décrit un homme pris, possédé par la fièvre du casino. Et à travers l’observation des mains de cet homme, on ressent l’espoir, l’inquiétude, la joie, la folie engendrée du jeu. Ses mains deviennent des êtres à part entières soumis aux pulsions, aux tensions et aux émotions les plus fortes, les plus extrêmes. Madame C. va vouloir, en tout bien tout honneur, sauver cet homme de cette passion destructrice. Mais elle va s’éprendre de cet homme, de cet amour aveugle et têtu qui se moque de la raison, des convenances.Du grand art… sublime et magistral ! Et j’ai succombé à cette lecture sans aucune retenue. Je n’étais plus lectrice mais j’étais à la table de ce Casino, le regard anxieux, les mains tremblantes, le cœur qui bat la chamade. Ma respiration saccadée et haletante, s’accordait à la roulette et aux bruits des pièces jetées sur le tapis… j’attendais, je priais et j’espérais. Puis, le sang m’est monté aux tempes, le désir de gagner, cette obsession plus forte que tout et qui vous fait tout oublier. http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
20/03/10
 

Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme Zweig sait rentrer avec justesse au coeur de la psychologie des personnages. On découvre la passion qu'une veuve va éprouver pour un joueur dans un casino, en observant uniquement ses gestes et ses réactions. Avant de découvrir l'homme de chair, elle s'émerveille devant l'âme fragile et sensible de ce joueur acharné qui joue sa dernière carte ...

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.10 kg

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