Vous n'ecrivez plus

COSSE, LAURENCE

livre vous n'ecrivez plus
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 28/09/06
LES NOTES :

à partir de
13,90 €

SYNOPSIS :

Quand on feuillette les catalogues des grandes maisons d'édition, où figurent les noms de tous les auteurs qu'elles ont publiés, on a un peu froid dans le dos. Quatre-vingt-quinze pour cent de ces noms sont oubliés. Une autre chose est frappante. Beaucoup de ces auteurs ont disparu après avoir publié un livre ou deux, pas plus. Comment ont-ils vécu ensuite ? Qu'ont-ils fait, que
sont-ils devenus alors que plus personne ne se souvenait qu'ils avaient écrit ? Écrire n'a jamais transformé la vie, ni arraché qui que ce soit à l'humaine et infirme condition. Le constat serait amer s'il n'y avait l'humour de Laurence Cossé et son attrait pour la face cachée des êtres et des destins, si touchante, souvent, si incongrue qu'on se dit : cela ne s'invente pas.
5 personnes en parlent

« Ah, vous voulez écrire ? », nous suggère Laurence Cossé, « eh bien regardez alors de quoi il retourne. »Démonstration cynique dans ces onze nouvelles douces-amères sur le désenchantement de l'écriture : ceux qui n'écrivent plus, ceux qui pensent être des auteurs, ceux qui aimeraient bien, ceux qui sont interviewés et qui gâchent tout, celles qui entre famille, repas et soins tentent de préserver leur coin de table pour remplir quelques feuillets.La nouvelle est un genre difficile. Laurence Cossé a réussi parfaitement ces onze portraits. Les « écrivains » sont tous situés dans leur vie prosaïque : maisons, hôpitaux, autobus. Ils se battent avec le quotidien : ils y puisent leurs idées de romans, mais ils s'y engluent aussi. Sans la vraie vie (pas de chimères...), pas d'écriture. Mais sans écriture, comment vivre ? « Moi qui étais en train d'écrire, c'était différent, j'étais disponible. Ceux qui écrivent ont tout leur temps, ça va de soi. Personne ne considère qu'ils travaillent. On monte leur parler sans prévenir, inutile, ils sont toujours chez eux, en train de boire du thé. »(p. 159). Anna

AnnaPotocka
15/05/13
 

Lecture un peu déconcertante au départ, ce petit livre séduit rapidement. C'est original, très personnel et assez réussi. Onze histoires courtes autour de l'écriture, de l'univers des écrivains (l'isolement, la difficulté, l'inspiration) et de leur trajectoire (le succès, et après ?). Laurence Cossé est habitée par son sujet et, comme tous les vrais écrivains, parvient à transmettre des émotions plutôt subtiles. Même si l'ensemble est assez sombre, un peu déprimant, on passe un bon moment. Ce que l'on retient surtout, c'est la puissance de certaines ambiances : un soir d'été dans Paris déserté, une maison de campagne où le temps s'éternise, un silence dont le chant des moineaux marque le rythme... Les belles images et les phrases que l'on retient sont nombreuses dans ce livre mûr, réfléchi, réussi... Seule la tristesse de l'ensemble m'empêche de mettre une meilleure note - si L. Cossé avait émaillé ses récits d'un peu d'humour, on aurait un chef d'oeuvre...

mtalence
06/06/11
 

Reprenez la présentation de l'éditeur et vous tenez le propos des 11 nouvelles de ce livre... Cela parle des écrivains, de ceux qui rament, de ceux qui restent dans l'ombre ou connaissent un succès fulgurant, prennent la grosse tête et tombent dans les limbes de l'oubli, ou espèrent un éternel chef d'oeuvre inaccessible à lire, de ceux qui flirtent avec la presse ou des jurés littéraires, des écrivains en devenir, des écrivains bien assis mais lassés de cette reconnaissance et qui cherchent un renouveau... Il y en a pour tous les goûts, c'est plaisant et jouissif, un pur concentré de "tombons les masques" du monde cruel de l'édition. Oui, cruel ! On s'en rend compte, car le fond de l'écriture, au-delà de l'humour et la légèreté, est passablement cynique et piquant. Il ne faut pas s'en laisser conter, écrire exige beaucoup, et les plus récompensés ne sont pas les plus méritants, etc. J'ai énormément apprécié ce recueil de Laurence Cossé, beaucoup aimé le style et la forme en général, ce n'est pas souvent de trouver en un seul livre le même thème à travers les différentes nouvelles; donc ici c'est le cas et on baigne dans l'écriture sous toutes ses coutures. C'est à chaque fois bien constaté, bien analysé et c'est un regard, sinon neuf, plus réaliste du statut de l'écrivain. Bien vu, bien écrit, excellente lecture en général.

Clarabel
23/02/09

Janvier 2013 ; 314 livres sont sortis (source book.node). combien iront au pilon ? Combien d’auteurs ne seront pas ou peu lus ? Combien d’auteurs ne publieront pas d’autres livres ?Combien de premiers livres surprises ?Laurence Cossé nous raconte la vie de plusieurs de ces auteurs.Ainsi, cette jeune auteure ; son premier roman est couronné par un grand prix prestigieux ! La voici devant le micro pour remercier et là…… elle nous donne à voir l’envers du décor, les petites employées invisibles….. Quelle revanche oui, mais quelles humiliations, faire partie du décor ni plus ni moins que les plantes vertes décorant le hall d’entrée. Cette nouvelle acerbe donne à penser sur la vanité des « élus », de la cruauté du monde de l’édition, tous ces écrivains, ces éditeurs, ces journalistes, ces …. « La standardiste » une nouvelle cynique… mais jouissive.« Le coup du lapin » : Non il ne s’agit pas des suites d’un accident de voiture, mais un accident maternel. Une mère auteure, l’inspiration l’a fui depuis longtemps. « Heureusement » son fils, par une de ses maladresse coutumière lui donne l’Inspiration « Quel sujet, répéta-t-elle. Voilà ce que j’attendais depuis des mois : qu’on m’apporte un vrai grand sujet sur un plateau ! ». Les dommages collatéraux, comme les fous de guerre, elle ne s’en occupe pas du tout. « Les carnassiers » tout aussi dur et cruel. « Le nœud de l’histoire » comme un nœud gordien qu’Eric ne saura trancher. « Eric le comprenait soudain, il n’avait jamais écrit qu’à son père, et dans un but unique : essayer de lui plaire ». et quelle chute !« Un pull bleu très doux » ou les bévues d’une journaliste télé avec un auteur enfermé dans son monde. Reportage scénarisé que l’auteur vit très mal. « Te frappe pas, j’ai vu ça dix fois. Ce mec est comme les autres. Tous les gens qui écrivent sont cinglés. Plus u moins cinglés, mais cinglés. C’est pour ça qu’ils écrivent du reste. »Laurence Cossé dépeint le quotidien de ces écrivains en panne d’inspiration, en panne de vie, des auteurs perdus dans leur quotidien « Quand on lui demandait « Ah, c’est vous qui écrivez ? » (aux réunions de parents, au retour de sorties de classe, parfois à un dîner exceptionnellement dans l’autobus), elle disait « Oui, de temps en temps ». Des années durant elle avait répondu « Oui, à mes moments perdus », mais un jour elle avait pris conscience que les moments perdus étaient une chose qu’elle et son existence ignoraient complètement, et elle avait changé de formule. Elle écrivait l’après-midi, entre deux et cinq, tous els jours sauf les jours où c’était impossible ».En lisant ces nouvelles, je me suis demandée pourquoi l’écriture est-elle si aléatoire qu’est-ce qui fait qu’un écrivain renommé tombe d’un seul coup dans l’oubli, pourquoi un auteur arrête soudainement d’écrire, pourquoi certains n’osent braver l’interdit et publier leur manuscrit « la dame lui a rendu son manuscrit quelques jours plus tard, en lui disant – ma mère l’a noté scrupuleusement : « c’est une histoire de vie très touchante, je dois dire qu’on est ému. Mais je ne vois pas pourquoi je vous tairais la vérité, je vous parle comme je parlerais à un auteur : ce texte n’a pas d’intérêt littéraire. » » Or ce livre vient de recevoir un prix prestigieux !!!Quelle chirurgie, quelle vivisection du monde littéraire. Laurence Cossé tranche dans le vif ! Elle manie, à la fois, la cruauté, l’humour, l’ironie, la légèreté voire une certaine tendresse envers ces écrivains sans livres, sans gloire ou à la gloire passée, ces exclus des gondoles, mais qui, vaille que vaille, rament, continuent. Les chutes sont aux petits oignons.Je suis de parti pris car Laurence Cossé est un écrivain que j’aime beaucoup, mais, lisez-le, c’est un très bon bouquin. Des nouvelles à lire et à relire.

zazy
04/03/13
 

Onze nouvelles sur le thème de l’écriture : Inspiration, prix littéraire, durée de carrière, lisibilité, imbuvable à interviewer, rapport au père, etc., la gamme est étendue mais toujours en rapport avec cet acte si bizarre pourtant si partagé : le besoin viscéral de saisir un crayon et une feuille.Pour autant, il ne faut pas vous attendre à des révélations croustillantes ou à la peinture caustique d’un milieu que tout le monde s’acharne à salir de nos jours.Non, c’est vraiment une palette intimiste d’individualités que nous propose Laurence Cossé, en nous faisant à chaque fois entrer dans l’univers des protagonistes, souvent en demi-teinte.Par exemple, Moments perdus, l’histoire d’Edith, qui jongle entre ses différentes tâches quotidiennes, toutes banales, les nôtres, et les deux heures qu’elle consacre contre vents et marées à écrire sous l’œil ventouse de son très âgé beau-père. Ventouse, ou Vampire ? Même son éditeur voudrait effacer le cacochyme… histoire d’une vie !Ou Un monsieur, où ce simple mot a une énorme signification, plutôt que type, mec, gars.Ou encore Un pull bleu très doux, où ça va finir par rentrer dans ta petite tête que l’auteur n’est pas le personnage, nom de nom ? Ton job, je m’en tape. Mon personnage, Ma vision du truc (la seule valable, est-il besoin de le préciser ?), Moi, Moi, Moi.C’est bien écrit, bien vu, mais trop vite lu. En route pour les romans de Laurence Cossé, je suis juste mise en appétit, là. Sylvie Sagnes

SagnesSy
03/07/12
 

Format

  • Hauteur : 20.40 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.46 kg

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