Petit precis de mondialisation t.1 ; voyage aux pays du coton

ORSENNA, ERIK

EDITEUR : FAYARD
DATE DE PARUTION : 05/04/06
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

Homme politique et romancier, Prix Goncourt 1988 pour L'Exposition coloniale, Erik Orsenna, de l'Académie française, a publié aux Éditions Fayard Histoire du monde en neuf guitares, 1996 ; Deux étés, 1997 ; Longtemps, 1998 ; Portrait d'un homme heureux, André Lenôtre, 2000 et Madame Bâ en 2003. « Les matières premières sont les cadeaux que nous fait la Terre. Cadeaux enfouis ou cadeaux visibles. Cadeaux fossiles, cadeaux miniers qui, un jour, s'épuiseront. Ou cadeaux botaniques que le soleil et l'activité de l'homme, chaque année, renouvellent. Les matières premières sont des cadeaux qui parlent. Il suffit d'écouter. Elles nous chuchotent toutes sortes d'histoires à l'oreilles : il était une fois..., dit le pétrole, il était une fois..., dit le blé. Chaque matière première est un univers, avec sa mythologie, sa langue, ses guerres, ses villes, ses habitants : les bons, les méchants et les hauts en couleurs. Et chaque matière première, en se racontant, raconte à sa manière la planète. Cette histoire commence dans la nuit des temps. Un homme qui passe remarque un arbuste dont les branches se terminent par des flocons blancs. On peut imaginer qu'il approche la main. L'espèce humaine vient de faire connaissance avec la douceur du coton. 6 Le coton est le porc de la botanique : chez lui, tout est bon à prendre. Donc tout est pris. D'abord, on récupère le plus précieux : les fibres. Ce sont ces longs fils blancs, formant les flocons qui entourent les graines. Des machines vont les en séparer. Les fibres du coton sont douces, souples et pourtant solides. Elles résistent à l'eau et à l'humidité. Elles ne s'offusquent pas de nos transpirations. Sans grogner, elles acceptent d'être mille fois lavées, mille et une fois repassées. Elles prennent comme personne la teinture, et la gardent... La longue liste de ces qualités a découragé les matières naturelles concurrentes, animales et végétales. La laine et le lin ne représentent plus rien. Si la fibre synthétique domine le marché du textile (soixante pour cent), le coton résiste (quarante pour cent). Et c'est ainsi que le coton vêt l'espèce humaine. Il ne s'en tient pas là. Il sert à fabriquer des compresses médicales, bien sûr, mais aussi des papiers spécialisés (dont les billets de banque), des films photographiques, des mèches de chandelles. Et, toujours soucieuses de se rendre utiles, ses fibres entrent dans la composition de produits cosmétiques (laques, soins
capillaires...), de pâtes dentifrice, de crèmes glacées... Et même si le goût de certaines sauces bolognaises, de certaines sauces allemandes peut sembler étrange, comment imaginer qu'elles contiennent du coton ? Les graines ne sont pas moins généreuses. Riches en protéines, elles nous fournissent, à notre insu, une bonne part de notre huile de table. Les hommes de marketing semblant craindre que l'indication « huile de coton » ne dégoûte l'acheteur potentiel, on la baptise donc d'un nom plus vague et général : « huile végétale ». Les animaux, eux aussi, sont nourris de coton : ils mangent des tourteaux tirés des graines et de leurs enveloppes. Les restes servent à la fabrication de savons, d'engrais, d'explosifs (glycérine), de fongicides, d'insecticides., de caoutchouc synthétique. Il faut savoir que l'industrie pétrochimique raffole de ces résidus végétaux : elle les fait participer à cette cuisine mystérieuse qu'on appelle raffinage et qui conduit à des matières parmi les plus improbables, dont les plastiques. Pour ceux que ces manipulations angoissent, revenons à notre mère nature, à la paix des choses simples. Après la récolte, les tiges et les branches du cotonnier deviendront les litières pour les animaux. Ou bien les paysans les brûleront, faute de meilleurs combustibles. Voyager, c'est glaner. Une fois revenu, on ouvre son panier. Et ne pas s'inquiéter s'il paraît vide. La plupart des glanures ne sont pas visibles : ce sont des mécomptes ou des émerveillements, des parfums, des musiques, des visages, des paysages. Et des histoires. La longue, si longue et si belle route du coton n'en fut pas avare. Sur cinq continents (en comptant pour deux le Nord et le Sud de la même Amérique), de Koutiala (Mali) à Lubbock (Texas), en passant par Alexandrie (Égypte), Cuiaba (Mato Grosso), Boukhara (Ouzbékistan), Lépange-sur-Vologne (France) et Datang (Chine, province du Zhejiang), la fibre douce a livré bien des secrets. Au XVIIIe siècle, sitôt retrouvée la terre natale, les navigateurs plantaient les végétaux collectés aux quatre coins du globe dans un jardin dit « des retours ». Me voilà, moi aussi, en Bretagne, à l'heure du jardin. Le panier plein, non de graines, mais d'histoires. Lesquelles retenir, parmi toutes celles entendues ? Elles volètent et piaffent, toutes mes histoires de coton, telle une bande d'enfants dont chacun veut être le préféré. J'en ai choisi neuf qui racontent la planète. »
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Très beau livre à lire par petite touche, il rappelle un peu dans sa forme les bons reportages télévisés. Neutre, fouillé, il nous montre les rapports forts et variés qu'entretiennent différents pays avec une même culture, celle du coton. Plus que la mondialisation de l'économie, c'est aussi celle de la Culture (avec un grand C) qui y est abordé. Il reste de plus très facile à lire, riche, agréable et assez court.

Lacazavent
16/04/13
 

Les dessous de tout une industrie ou comment réfléchir quand on achète nos t-shirts ! Un livre qui montre une partie des mécanismes de la mondialisation...mais le sujet est tellement vaste et complexe. De quoi nous convaincre tout de même que tout n'est pas noir ou blanc.

cloay
09/10/09
 

Format

  • Hauteur : 20.00 cm
  • Largeur : 13.00 cm
  • Poids : 0.28 kg

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