W ou le souvenir d'enfance

PEREC, GEORGES

livre w ou le souvenir d'enfance
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 02/04/93
LES NOTES :

à partir de
7,90 €

SYNOPSIS :

Il y a dans ce livre deux textes simplement alternés ; il pourrait presque sembler qu'ils n'ont rien en commun, mais ils sont pourtant inextricablement enchevêtrés, comme si aucun d'eux ne pouvait exister seul, somme si de leur rencontre seule, de cette lumière lointaine qu'ils jettent l'un sur l'autre, pouvait se révéler ce qui n'est jamais tout à fait dit dans l'un, jamais tout à fait dit dans l'autre, mais seulement dans leur fragile intersection. L'un de ces textes appartient tout entier à l'imaginaire : c'est un roman d'aventures, la reconstitution, arbitraire mais minutieuse, d'un fantasme enfantin évoquant une cité régie par l'idéal olympique.
L'autre texte est une autobiographie : le récit fragmentaire d'une vie d'enfant pendant la guerre, un récit pauvre d'exploits et de souvenirs, fait de bribes éparses, d'absences, d'oublis, de doutes, d'hypothèses, d'anecdotes maigres. le récit d'aventures, à côté, a quelque chose de grandiose, ou peut-être de suspect. car il commence par raconter une histoire et, d'un seul coup, se lance dans une autre : dans cette rupture, cette cassure qui suspend le récit autour d'on ne sait quelle attente, se trouve le lieu initial d'où est sorti ce livre, ces points de suspension auxquels se sont accrochés les fils rompus de l'enfance et la trame de l'écriture.
5 personnes en parlent

Perec alterne dans son livre deux récits: celui, autobiographique, racontant en partie son enfance et ses origines et un autre mettant en scène Gaspard Winckler, personnage devant renouer avec un passé qu'il aurait souhaité oublier et qui a à voir avec l'île de W, curieux "royaume" où tout est dédié au sport.Ces deux histoires, qui a priori, n'ont rien en commun vont se révéler intrinséquement liées par la description dans les deux cas d'une situation indicible, qui se rattache à la douleur et à l'horreur: d'un côté les camps d'extermination nazis et de l'autre un système et une société qui n'ont rien d'utopique mais tout de cauchemardesque. Et à chaque fois, la petite et la grande histoire sont inséparables et profondément blessantes.Un très grand livre qui sous des aspects ludiques explore de nombreux thèmes (le sens de l'Histoire, la famille, l'utopie...) et se révèle d'une grande richesse. Maltese

Maltese
06/05/09
 

Je me souviens du premier livre que Georges Perec que j'ai lu : Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? (si je passe sur des extraits de Je me souviens lus au lycée ou dans des ouvrages divers). Approche assez tardive de cet auteur qui m'intimidait. Ce court roman que j'ai chroniqué dans mes débuts bloguesques (je demande votre indulgence) m'avait emballé et je m'étais promis de continuer à lire cet auteur que j'ai eu l'imprudence de nommer Pérec ce qui m'a valu une remarque fort à-propos autant que judicieuse d'une lectrice me précisant qu'il n'y avait point d'accent sur Perec. Faute corrigée, j'ai ensuite fait attention à ne pas la reproduire, et là, dans son autobiographie l'auteur lui-même donne l'explication de l'origine de son patronymeG. Perec, né en 1936 vit donc la guerre, son père meurt en 40 des suites d'une blessure de guerre et sa mère (déportée, elle mourra en 1943) l'envoie à Villard-de-Lans en zone libre, dans une institution religieuse. Dès lors, Georges Perec se promènera entre l'institution, les logements de ses tantes, de sa grand-mère.L'autre partie du livre, fictionnelle, est elle-même composée en deux parties : l'une concernant Gaspard Winckler jusqu'à ce qu'on lui demande d'aller sur W, puis ensuite, W elle-même, cette île sur laquelle le sport est roi. D'une société idyllique, utopique au départ, très vite G. Perec montre les travers : élitisme, eugénisme, abrutissement des masses, embrigadement, lois farfelues, … W est une dictature dans laquelle le sport est le moyen de gouverner. Chez certains c'était le communisme, chez d'autres le nazisme. W est une sorte de démonstration de tous les totalitarismes. On pense évidemment à Hitler et les nazis qui ont décimé des millions de juifs (dont les parents de l'auteur) et d'autres communautés, mais aussi et malheureusement à beaucoup d'autres ; G. Perec conclut son livre par ses mots : "J'ai oublié les raisons qui, à douze ans, m'ont fait choisir la terre de feu pour y installer W : les fascistes de Pinochet se sont chargés de donner à mon fantasme une ultime résonnance : plusieurs îlots de la Terre de Feu sont aujourd'hui des camps de déportation. [Livre écrit entre 1970 et 1974]" (p.222)Le lien entre ces histoires est donc là, dans la folie des Hommes de vouloir le pouvoir et la domination à tout prix.Point n'est besoin de dire que ce livre est à lire absolument pour qui veut connaître un peu plus Perec. Je ne me permettrai pas de faire des remarques sur son écriture si ce n'est de vous dire qu'elle me plaît toujours autant et que dans ce bouquin très sombre, il ne peut s'empêcher d'y glisser quelques sarcasmes ou traits d'humour légers qui tirent des sourires.De Georges perec, je ne peux que vous conseiller, en plus de W ou le souvenir d'enfance l'excellentissime La Vie mode d'emploi, et le texte d'une de ses conférences, Ce qui stimule ma racontouze... Yv

Lyvres
16/12/13
 

Plusieurs récits enchassés trouvent une unité. Perec, auteur intimidant, peut être abordé par ce roman : c'est très lisible, simple et ouvragé à la fois.L'auteur raconte d'une part son enfance, d'autre part un récit imaginaire qui finira par traiter d'une île où l'idéal sportif est la règle de vie. Curieux idéal qui dérapera au fur à mesure, mais ça, c'est au lecteur de s'en rendre compte.C'est curieux, à l'Oulipo, ce besoin de faire des catalogues. La vie sur l'île de W est détaillée de façon chirurgicale, statistique. A la limite du barbant en s'arrêtant juste à temps. Après lecture, on se retrouve avec un curieux objet entre les mains. Rien que pour ça, il faut le lire...

NickCarraway
24/10/14
 

Je trouve que le procédé d’écriture de Georges Perec est vraiment fabuleux. Au fil du livre, ses réels souvenirs devenant de plus en plus brumeux, l’envie est de ce concentrer sur ce récit de l’univers W, où l’imagination et les détails nous font rêver. Mais, plus avance le récit, plus cet univers utopique tourne vers un univers malsain, pour clore sur une énorme barbarie, la liant définitivement aux camps et à l’épisode le plus sombre et horrible de l’histoire, dès lors, l’envie se transforme en peur, de relire ce récit W et son récit autobiographique, nous apparaît comme un refuge apaisant, intime et touchant

Loach
13/06/11
 

C'est un texte bouleversant par lequel Perec aborde son enfance par le prisme d'un récit sur une société totalitaire. La construction originale qui mêle la petite et la grande Histoire ("avec sa grande hache") nous oblige a regarder nos sociétés d'un autre oeil. L'enfance recherchée, avec des détails importants bien qu'apparaissant comme futiles (le magazine avec Charlot parachutiste par exemple) est montrée comme un grand traumatisme sans pathos ni mélo, ancrée dans l'histoire de millions d'autres enfants juifs, est appuyée par le récit imaginé de Gaspard Winkler. Un très très grand roman, indispensable. laurence

laurence
28/02/11
 

Format

  • Hauteur : 18.90 cm
  • Largeur : 12.50 cm
  • Poids : 0.21 kg

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