Zarbie les yeux verts

OATES, JOYCE CAROL

livre zarbie les yeux verts
EDITEUR : GALLIMARD-JEUNESSE
DATE DE PARUTION : 20/10/05
LES NOTES :

à partir de
11,90 €

SYNOPSIS :

Francesca est surnommée Franky mais aussi Zarbie les yeux verts, lorsque l'adolescente rebelle pointe sous la carapace. Elle habite à Seattle avec sa soeur Samantha et leur demi-frère Todd. Elle a tout pour être heureuse : un père riche et célèbre, une mère artiste et adorable, une somptueuse maison. Elle voue à son père Reid Pierson, un reporter sportif célèbre, une véritable vénération. Mais les apparences sont parfois trompeuses. Franky sent bien que quelque chose ne va pas. Elle en veut terriblement à sa mère qu'elle sent s'éloigner d'eux. Étouffée par son mari, Krista, qui cherche à retrouver un peu de liberté et d'indépendance, a aménagé un bungalow
non loin de leur maison, où elle exerce ses talents de peintre et reçoit ses amis. Son mari, qui lui reproche de déserter le foyer, monte ses enfants contre elle jusqu'au jour où elle disparaît. Reid Pierson est interrogé par la police et ses filles le soutiennent, persuadées que leur mère les a abandonnées... Effrayées aussi par la violence de leur père... Mais Franky retrouve un journal écrit par sa mère qui révèle la terreur dans laquelle celle-ci a vécu, les menaces constantes de son mari, et notamment celle de la tuer, en la jetant du haut d'un pont. D'autres détails refoulés reviennent à l'esprit de Franky. Elle comprend que son père a tué sa mère...
8 personnes en parlent

Je dois d'abord préciser que ce roman de Oates a été écrit et édité pour un public d'adolescent.Ce n'est pas une critique, cela n’enlève rien au roman, mais la publication en Folio sans aucune indication au sujet de cette destination première est un peu dommageable pour le lecteur.Ayant beaucoup entendu parler de Oates sur les blogs, je m'attendais à autre chose, et j'ai parfois été surprise par le texte.Il y a par exemple des oppositions symboliques assez simplistes. Le confort riche et froid offert par le père souvent absent, est opposé à la simplicité douillette, chaleureuse et désargentée de la mère très entourée.Le point de vue est aussi toujours celui de Francesca, et uniquement le sien. Elle ne se met jamais à la place de sa mère, de sa sœur ou de sa meilleure amie.Cela permettra sans doute à une lectrice du même âge de se retrouver dans cette jeune fille en construction, mais quand on n'est plus une adolescente complexée, il y a des moments où on garde une distance qui modifie le regard que l'on porte sur ce personnage.Elle devient insupportable et égoïste, tout en étant en souffrance, et j'ai un peu perdu le fil de ce que l'auteur attendait de moi.J'aurais néanmoins sans doute mieux compris si cela avait été précisé dès le départ sur la couverture ou le dos du livre, mais j'insiste quand même sur le fait que cela n’enlève rien au roman.Je ne me suis pas identifiée à Franky. J'ai pourtant eu de l'empathie pour elle, beaucoup même, ce qui m'a permis de vraiment apprécié ma lecture en gardant une distance qui m'était salutaire à titre personnel.Ce roman est effectivement à la fois doux et violent.Il y a peu de brutalité, elle n'est pas visible, mais on devine la peur que chacun ressent.Francesca et sa sœur, comme leur mère sont soumises à l'autorité du père et parfois à des manifestations plus physiques de cette autorité.Le frère ainé de Francesca joue aussi un rôle dans les rapports que tous entretiennent.Face à cette situation, les réactions de chacun sont différentes, mais tous essaient de se préserver.Il semble pourtant que cela ne parvienne pas à les protéger, et ce qui doit arriver survient inévitablement.Si vous aimez Oates, si vous aimez les romans pour ados vraiment bien écrits, si vous voulez passer un bon moment, lire un livre qui fait quand même réfléchir, vous devriez pouvoir trouver votre compte dans ce roman.

Estellecalim
10/05/12
 

Bien plus qu'une histoire familiale, Joyce Carol Oates nous raconte ici l'évolution d'une jeune adolescente, Franky, qui cherche son identité.Zarbie est le nom que Franky donne "affectueusement" à cette nouvelle partie d'elle qui la pousse à ne pas se laisser faire, à ne pas tout accepter, à se rebeller, à devenir maîtresse d'elle-même, une partie qu'elle cherche parfois à repousser, mais qu'elle accepte de plus en plus...Dès le premier chapitre, on comprend que Franky est une adolescente qui se cherche: dans une fête avec des gens plus âgés qu'elle, elle est ravie d'arriver à attirer un beau garçon. Une quête du regard et de l'approbation qu'on retrouve à de nombreuses reprises dans le roman, en particulier face aux personnages masculins, une quête typique de l'âge adolescent. L'écrivain cherche à nous montrer la fracture qui se provoque à l'adolescence: notre héroïne est d'une part Franky, la fille qui écoute son père, le suit coûte que coûte, et d'autre part Zarbie, qui voit plus loin, une marque de rébellion, de la "femme" qui se libère de plus du joug de son père et aspire à la liberté que cherche sa mère. L'autorité de son père représente pour elle, malgré la peur qui lui inspire, la sécurité d'une famille, face à la vie de bohème de sa mère. Ce roman est composé de plusieurs escalades, qui créent la tension de l'histoire: l'escalade de Franky dans l'adolescence, l'escalade de l'emprise du père sur ses enfants, et surtout sur ses filles, et parallèlement à celle-ci une escalade de la violence. Plus Zarbie se manifeste, plus son père se montre violent avec elle. On le voit par exemple lors du chapitre sur le 4 Juillet. Et plus sa mère cherche la liberté, plus les mensonges se multiplient, plus Franky s'éloigne consciemment de sa mère...Joyce Carol Oates a essayé (avec succès, je trouve) d'installer une tension toujours croissante. Du coup, elle privilégie vraiment son personnage à son histoire: certains trouveront certainement l'histoire banale, mais on ne peut pas faire l'impasse sur le personnage de Franky. Sans nous trouver dans la même situation qu'elle, nous avons tous eu, à l'adolescence, cette sensation qu'une partie de nous veut à tout prix rester en enfance, alors qu'une autre cherche à nous faire ouvrir les yeux sur la réalité des choses, même les plus dures.Je vous conseille donc ce livre, non pas pour l'histoire, intéressante, mais pour Franky, une héroïne intéressante. J'ai beaucoup aimé la façon de dépeindre l'adolescence de Joyce Carol Oates.

WarsawSnow
05/04/14
 

Un roman passionnant, bouleversant sur la désintégration d'un couple, l'emprise qu'un homme peut avoir sur ses proches, la désillusion d'une ado sur le monde qui l'entoure. Je le recommande à tous: aux admirateurs de Mrs Oates qui seront encore une fois conquis mais aussi aux lecteurs qui veulent découvrir sa plume et qui n'osent pas se lancer, par peur. Mais également à ceux qui ne sont pas à l'aise avec les thèmes et le ton de ses romans: "Zarbie les Yeux Verts" est facile d'accès et son sujet, quoique grave, n'est pas aussi dérangeant que dans d'autres de ses romans. Alors lancez vous sans crainte.

Will2106
06/03/14
 

Non, la jeune Frankie - quinze ans et hypersensible - ne veut pas admettre que ses parents ne s'entendent plus et qu'ils vont probablement se séparer. Sa mère s'absente de plus en plus de la maison, reconquérant un peu de liberté, au grand dam du père. En se mariant, elle a dû renoncer à ses passions pour devenir 'potiche', vivant dans l'ombre de son époux, journaliste sportif TV et ancienne star du foot. Le bonhomme, une célébrité locale, est admiré à l'extérieur. Mais chez lui c'est un despote intransigeant, colérique... et réac en prime.Un roman grandiose et très noir ! Adolescence, douleur, déni, loi du plus fort, manipulation, violence, peur. Argent et célébrité, signes extérieurs de richesse (somptueuse maison) et de 'bonheur' : une jolie femme à exhiber, trois beaux enfants sportifs de haut niveau.Un cas de divorce comme il en existe.Côté enfants : refus de voir, déni, honte par rapport aux copains, sentiment de culpabilité, rejet du parent qui s'éloigne pour sauver sa peau. Souffrance face à l'ambiance délétère, difficulté de se sentir partagé entre deux êtres qu'on aime, et qui s'infligent mutuellement des souffrances.Côté adultes : souci de sauvegarder les apparences à l'extérieur (a fortiori lorsque l'on tient à sa 'respectabilité'), cruautés et mesquineries entre parents au mépris du bien-être et de la sécurité des enfants.Dans (tous ?) ses textes, Joyce Carol Oates met en scène des hommes odieux, de sombres salauds qui détruisent femmes et enfants, brutalement ou de manière plus pernicieuse. Il est également question d'adolescents en difficulté, qui vivent des drames, perdent leur repères. En cela, ses écrits me rappellent ceux plus récents de Laura Kasischke. La plume de l'auteur est parfaite, sans affectation, ce qui rend ses romans passionnants et difficiles à lâcher, malgré le malaise croissant induit par les situations.--- Déjà lu de JC Oates "Les Femelles", "Sexy", "Délicieuses pourritures" et "Viol - une histoire d'amour".

Canel
06/06/13
 

Dans ce suspense psychologique très fort, JC Oates tisse les relations entre une fille adolescente et son père, un homme célèbre, adulé, ancien champion reconverti en journaliste sportif. Il a réussi à construire une image parfaite à l'extérieur et entend bien que la vie familiale confirme ce scénario parfait. Mais c'est en réalité un homme violent, narcissique, manipulateur... Le portrait qu'en dresse la romancière est glaçant. Cet homme parvient à entretenir une ambivalence perverse, son autorité sur ses filles est implacable et terriblement bien déguisée et sa femme ne peut rien ou presque contre ses exigences.Face à lui, Franky, la narratrice, ne peut vivre que dans l'ambivalence également : repousser sa mère comme le père l'y incite, aimer son père qui semble le seul être solide, capable de la protéger... mais aussi laisser parler Zarbie, la rebelle, celle qui laisse remonter à la surface certains souvenirs ou objets enfouis... Samantha, la petite soeur, ne peut que souffrir et ressentir le manque comme un petit animal privé d'amour et de repères. Quant à Todd, le frère aîné, il semble être entré parfaitement dans le modèle paternel.Même si elle se termine relativement bien, c'est à une véritable descente aux enfers que nous convie Joyce Carol Oates. Son étude psychologique est magistrale, la construction du récit est émaillée d'interviews, d'extraits de journaux intimes qui font avancer l'action avec une belle variété de moyens narratifs.Bien sûr, pendant cette lecture, je n'ai pu m'empêcher de penser à certaines affaires célèbres de violences familiales cachées derrière une façade glamour (il y avait justement sur Arte, la semaine dernière, une émission sur les rapports tumultueux entre Richard Burton et Elizabeth Taylor). Mais ce qui est surtout très efficace avec la romancière américaine, c'est la force du suspense, la description des sentiments : j'ai souvent eu le ventre noué, comme Franky, face aux agissements de son père, et j'ai mieux compris les mécanismes de défense, de protection qui peuvent se mettre en place chez un enfant, un ado pris au piège entre des parents qui se détruisent.Le "portrait" de ce roman ne serait pas complet si je ne saluais pas aussi l'art de Mrs Oates de camper en quelques mots la vie d'une petite communauté artistique à Skagit Harbor, ou la maison prétentieuse de Reid Pierson à Seattle.Une nouvelle démonstration du talent de JC Oates, auteur dont décidément, je dois absolument explorer davantage l'univers littéraire, et un de mes coups de coeur 2012 en matière de littérature jeunesse ! Anne

Anne7500
02/01/13
 

Ni déçue ni emballée. Je n'arrive pas très bien à analyser mon propre ressenti sur ce roman.Mais une chose est sûre, la tension palpable dès les premières pages ne cesse de croître au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire.La patte de Joyce Carol OATES est vraiment là, vous êtes pris par la main et emmenés dans un univers bien particulier voire malsain.Il y a dans les personnages quelque chose de caricatural, limite série télé pour ados, mais ce n'est qu'une impression. En réalité, ils ont de multiples facettes à l'image de Francesca/Franky/Zarbie les yeux verts.L'histoire fonctionne de la même façon, si elle apparaît banale au début, elle ouvre très vite chez le lecteur de nombreux faisceaux de réflexion.Il est notamment très intéressant de comparer notre propre interprétation par rapport à celle de Franky sur le comportement de son père et l'évolution du couple.Je ne pense pas garder beaucoup de souvenirs de cette lecture, si ce n'est cette ambiance très particulière.Publié en littérature jeunesse et adulte, ce roman convient tout à fait aux deux publics. Livr-esse

Wakissi
07/08/12
 

J'ai beaucoup aimé ce roman qui m'a tenue en haleine, tout en sachant me mettre très mal à l'aise. Tous les passages où le père est présent contiennent une tension sous-jacente qui semble échapper à Franky tout en atteignant le lecteur.On regrette parfois l'attitude de Franky vis à vis de sa mère, mais la manipulation dont elle est victime depuis sa plus tendre enfance peut peut-être expliquer cela. Mais alors, pourquoi Zarbie n'est-elle pas plus influente sur Franky ? L'alter-ego Zarbie ne se montre pas d'une grande utilité, si ce n'est lors de sa première apparition au début du roman.

chtournesol
17/05/12
 

Coup de coeur Francky a tout pour être heureuse : une mère aimante, un père célèbre qui a réussi à s’imposer comme journaliste sportif. Mais derrière les apparences, Francky sens que quelque chose ne va pas ! Un thriller haletant et bouleversant.

Format

  • Hauteur : 20.10 cm
  • Largeur : 13.00 cm
  • Poids : 0.35 kg

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