La pensée anthume - Suivi de Les larmes du vieux - Poche

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Résumé

Je vais essayer de vivre une journée normale, mais là aussi je me heurte aux mêmes difficultés sémantiques. La norma c'est une équerre, une règle à suivre comme un chef de bataille. Etre normal c'est prendre l'uniforme comme modèle de référence, abolir le particulier.Avoir un code de conduite, est-ce pour autant entrer en normalité ? Bien au contraire, le code est une langue à déchiffrer, pleine de secrets et de non-dits.
Il fonde notre sens de l'interprétation et combat l'uniformité à travers chaque mot. Un mot disparu, la nomalie (qui n'existe plus que dans l'anomalie) nous projette dans le nomos, la loi. En hébreu, le mot nomos se retrouve dans le terme nimoussim qui signifie la politesse, et quand on connaît la place de la politesse dans la vie en Israël, on comprend que le nomos ne nous aide pas à vivre des jours tranquilles.
Le nomos est une loi dans son sens le plus juridique, et ce n'est pas avec elle que je vais réguler mes relations avec autrui. Je tombe par hasard sur un adjectif qui fera peut-être l'affaire, anodin. Ce serait bien une vie anodine, surtout en ce moment, si je m'en tiens à son origine grecque oduné la douleur, donc une existence sans douleur. Pas mal, si je n'avais fait mienne cette devise de Manon Lescaut : "J'étais né pour les courtes joies et les longues douleurs".

Caractéristiques

  • Date de parution
    11/04/2019
  • Editeur
  • ISBN
    978-2-912833-55-6
  • EAN
    9782912833556
  • Format
    Poche
  • Présentation
    Broché
  • Nb. de pages
    167 pages
  • Poids
    0.142 Kg
  • Dimensions
    10,0 cm × 17,0 cm × 1,0 cm

Avis libraires et clients

L'éditeur en parle

Qu'est-ce qui fait vivre un homme à l'approche de la mort, quand le mal l'a atteint irrémédiablement ? Comment cela change-t-il ses relations à autrui ? La mort, dont on ne lui parle pas, de quelle manière est-ce qu'il y pense, est-ce qu'il l'ignore ? De quel oeil regarde-t-il sa propre déchéance physique ? Les convictions d'un caractère trempé, est-ce qu'elles se modifient à la fin ? L'introspection, la remise en cause, la culpabilité, le sentiment d'échec, la mélancolie dominent-ils ? Quand est-ce que le souci de l'oeuvre à accomplir disparaît ? Michaël Bar-Zvi n'a pas " voulu " répondre à ces questions pendant les derniers mois de sa vie, il a seulement continué à donner aux siens et à ce peuple qui est le sien " ce qu'il nous reste d'être " - et cela a produit ces notes étranges, comme venues d'ailleurs...
A plusieurs reprise il indique qu'il se confronte à " l'exil intérieur " et c'est avec un accent kafkaïen qu'il peut prononcer cette phrase : " Je vais essayer de vivre une journée normale ". " Né pour les courtes joies et les longues douleurs ", la douleur principale à laquelle il se confronte pourtant n'est pas physique, c'est que le temps (le temps de la maladie), " ce temps ne m'est pas donné ".
Dans cette situation les sujets habituels - discuter ceci, rapporter cela, plaisanter l'être et le néant - deviennent un exercice plus difficile, mais curieusement cette étrange nouveauté qui envahit tout, bouleverse tout et contre laquelle lui aussi voudrait bien s'arrimer ou du moins se tenir assez droit, ouvre en lui une intimité, permet une intrusion dans sa vie intérieure comme jamais. Cette sorte de confession pourtant ne réduit pas l'écart entre lui et nous, elle montre plutôt l'ultime recès et la noblesse du combat qui s'y livre, citadelle intérieure, théâtre de la dernière bataille au plus près de la " chambre du roi " devant laquelle on ne dépose pas son arme et qui ne sera jamais livrée.
Ce dans quoi Michaël Bar-Zvi fut élevé, le souvenir au retour des camps, il le rejoint grâce à la simple vertu d'une vie traversée de bout en bout. Comme le lieutenant du " Désert des Tartares ", en s'approchant humblement de l'unique destin, il donne un sens non seulement à tout ce qu'il a vécu dans la fidélité, mais à la geste de tous ceux qui forcément se rejoignent tôt ou tard dans la banalité de la mort.
Il n'y a aucun obstacle entre les hommes puisqu'ils finissent, et l'exigence à leur égard ne s'éteint pas de par leur défection mais révèle à cette occasion une toute puissante douceur. En un sens c'est presque insoutenable. Michaël Bar-Zvi est mort le 29 mai et ses mots peuvent remplir d'infinis regrets, mais le regret est peut-être le dernier don que l'on puisse recevoir de celui qui disparaît. Comment franchir l'obstacle de l'altérité qui n'est en somme pleinement révélé que par l'amour, c'est-à-dire un respect infini ? Ces textes apparaissent comme des derniers signaux en provenance d'un bateau déjà lointain, qui se raréfient à mesure qu'il s'écarte et cesseront tout à fait quand il disparaîtra au large.
La suite n'existe pas. " Je n'entends pas écrire pour la postérité mais pour une antériorité, pour devancer ma pensée ou pour ne pas la laisser passer. La pensée anthume est une ouverture, un passage, ou seulement une embrasure sur ce qui advient, beaucoup plus qu'une réflexion sur ce qui est déjà arrivé. Il ne s'agit pas d'anticiper ou de prévoir les événements, mais de nous préparer à les vivre sans les connaître.
L'accueil du nouveau, de l'inattendu ou de l'intrus représente toujours une menace, vécu parfois comme une provocation ou une violence à notre tranquillité. L'anthume c'est essayer d'être en avance sans pour autant arriver trop tôt. " écrivait Michaël Bar-Zvi.¤AUTEUR Philosophe d'une grande rigueur, marqué par ses maîtres Emmanuel levinas et Pierre Boutang, Michaël Bar-ZVi a été Professeur de Philosophie à l'Institut Levinsky de Tel Aviv, et Délégué général du KKL (Fonds national juif).
Théoricien du sionisme et de l'histoire d'Israël, ses livres, à partir d'analyses historiques rigoureuse

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