Les tyrans de la mer. Pirates, corsaires et flibustiers

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 LINON/REQUEMORA - .
Il est des continents à redécouvrir, et des océans. Le monde de la course et de la flibuste en fait partie. Non pas qu'il soit absent de notre imaginaire... Lire la suite
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Résumé

Il est des continents à redécouvrir, et des océans. Le monde de la course et de la flibuste en fait partie. Non pas qu'il soit absent de notre imaginaire ; bien au contraire, il l'encombre de souvenirs adolescents : récits de piraterie dévorés dans la Bibliothèque verte, sagas hollywoodiennes en technicolor. La science historique est destinée - malheureusement ? - à expliquer et à détruire nos illusions sur le passé. Ce recueil est d'abord un inventaire des formes que prit ce que l'on appelle indifféremment la course, la flibuste ou la piraterie. Point d'héroïsme guerrier en cela, il s'agit de simple commerce : la guerre moderne, dépourvue de tout esprit de sacrifice chevaleresque, n'est pas loin. Comment se fit le passage en littérature de ce qui ne pouvait, décemment, ni divertir ni instruire selon la vulgate horatienne ? Véhicule de la mort et de l'injustice, le pirate est aussi le messager de l'au-delà pour le chrétien, d'une vie différente pour le commun des mortels. D'où la fascination que le pirate exerce sur ses victimes - source de romanesque - ou sur l'imaginaire social. L'image du pirate, homme libre, héros sans moralité sinon sans morale, se forme précisément au confluent de l'Âge classique et des Lumières comme un impossible absolu et pourtant réel. Ayant perdu sa défroque diabolique, même dans sa version " barbaresque ", le pirate est décidément " humain, trop humain ". C'est ce que disent les premiers chroniqueurs de la flibuste, Exquemelin et Defoe. Mais, avec les guerres de l'Empire et le XIXe siècle, l'armement de la course devenant une activité strictement commerciale, le " corsaire " littéraire se transforme lui-même en simple produit de la société marchande. La littérature de la flibuste, des trésors, et des îles désertes se situa alors dans le passé régressif d'un âge d'or mythique, qui protégeait de toute assimilation au quotidien : un excellent placebo social. Elle rejoignit la vaste littérature d'aventures que la société industrielle fabriqua pour la jeunesse à partir du Second Empire : c'est précisément l'époque où les États renoncent solennellement à la course, mais pas à la guerre et encore moins aux " aventures " coloniales. On trouvera encore dans ce volume des textes peu connus extraits de la vaste littérature de mer, des personnages illustres réinterprétés, le commun des hommes qui vécurent et dont si peu écrivirent, des analphabètes et des intellectuels, des libertins et des dévots, des héros et des couards, les alizés réparateurs et la moiteur des entreponts, la vie et la mort, l'histoire et l'anecdote. On y rencontrera aussi l'écho d'un colloque printanier tenu au château de La Napoule dans une salle ouverte sur cette Méditerranée, témoin muet de combien d'aventures pirates et de nos travaux.

Sommaire

  • ÉTAT DES LIEUX
    • Les corsaires et flibustiers de la lexicographie française
    • La course en Méditerranée : les discours sur la captivité et la servitude
    • Sur le chemin du grand Voyage : pèlerins et pirates (1480-1700)
    • Les Français enchaînés : Lettres de captifs des pirates barbaresques aux XVIIe et XVIIIe siècles
    • Course et commerce en Méditerranée au XVIIIe siècle : étude de la présence maritime française à Malte au cours de quatre conflits majeurs
    • La course barbaresque : les hommes, les navires, les pratiques (fin XVIIIe - début XIXe)
    • Des pirates en Grèce dans les récits des voyageurs des XVIIIe et XIXe siècles
    • L'ordre du désordre
    • Aventuriers et flibustiers basques et gascons de la Caraïbe (XVIe-XVIIe siècles)
    • Jean Doublet, à Dunkerque au temps de Louis XIV, corsaire ou officier du roi
    • Échos d'opérations de course chez Robert Challe
    • Humbles réalités et heures de gloire : quatre générations de corsaires malouins de Louis XIV à Napoléon Ier
    • Pirates et miracles : la mise en scène de l'ex-voto dans les journaux de voyage de religieuses missionnaires (début du XIXe siècle)
  • LES VOIES DE L'IMAGINAIRE
    • Les pirates dans l'Histoire générale des voyages : traduction commerciale, romanesque et philosophique
    • De l'aventure flibustière à la piraterie littéraire : Defoe, Leguat, les deux Misson et la République utopique de Libertalia
    • Daniel Defoe, le rêve pirate et l'Océan indien : un siècle de distorsions (1905-1998)
    • Fiction et réalité dans Nouvelles de l'Amérique (anonyme, 1678) et l'Histoire des aventuriers (1686) d'Exquemelin
    • L'imagerie littéraire du " Tiran de la Mer " au XVIIe siècle : des récits de voyage et des histoires de flibustiers aux traitements romanesques et dramaturgiques
    • Flibustiers et écumeurs de la mer des Antilles à travers les mailles du discours viatique (XVIIe siècle)
    • À l'abordage de l'idée d'énergie : l'héroïsation de la flibuste de Courtilz de Sandras à Voltaire
    • Le Beauchêne de Lesage ou la discrète accession du pirate au rang de héros de roman
    • La Croix et le Croissant : les corsaires barbaresques dans la fiction romanesque au XVIIIe siècle
    • Adventures of a Younger Son (Aventures d'un cadet de famille) d'E-J Trelawney : de la relation d'aventures maritimes à l'apologie de soi
    • Gustave Aimard et la flibuste : un phénomène de sédimentation culturelle dans les années 1860
    • Réflexions dans la marge : le pirate, de l'histoire au discours

Caractéristiques

  • Date de parution
    01/01/2002
  • Editeur
  • Collection
  • ISBN
    2-84050-195-3
  • EAN
    9782840501954
  • Présentation
    Broché
  • Nb. de pages
    463 pages
  • Poids
    0.815 Kg
  • Dimensions
    16,0 cm × 24,0 cm × 2,8 cm

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